fév. 13 2026 | PPE3 : une visibilité à court terme, mais un recul préoccupant pour les énergies renouvelables
Après près de trois années d’attente pour l’ensemble de la filière énergétique, le Gouvernement publie ce jour au Journal Officiel le décret relatif à la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3)[1], qui fixe la feuille de route énergétique de la France pour les dix prochaines années.
Pour Enerfip, leader européen du financement participatif dédié à la transition énergétique, cette PPE3 présente un double visage : elle apporte un cadre attendu et offre une visibilité minimale à court terme, mais elle marque également un recul tangible de l’ambition française en matière d’énergies renouvelables.
Pour le solaire, avec un objectif fixé à 48 GWc installés en 2030, contre environ 30 GWc aujourd’hui, la PPE3 implique un rythme moyen d’environ 3,5 GWc supplémentaires par an. Un chiffre en décalage avec la dynamique des deux dernières années : près de 6 GWc raccordés en 2025 et 5 GWc en 2024.
La trajectoire proposée acte ainsi une diminution du rythme de déploiement du photovoltaïque, alors même que la filière a démontré sa capacité à accélérer.
Pour la première fois, une PPE est assortie d’une clause de revoyure fixée à 2027, qui coïncide avec la prochaine échéance présidentielle. Il est donc probable que cette programmation fasse l’objet d’une nouvelle révision dans un délai très court, ce qui fragilise la visibilité à moyen terme pourtant indispensable à l’ensemble de la filière.
La PPE3 affiche un objectif de production d’électricité décarbonée compris entre 650 et 693 TWh en 2035, soit plus de 40 % de plus qu’aujourd’hui. Cependant, les six EPR mentionnés dans cette programmation ne devraient pas être mis en service, selon les scénarios les plus optimistes, avant 2042. Par ailleurs, leur coût global et leurs modalités de financement restent à préciser.
Dans ce contexte, comment atteindre un tel niveau de production sans un recours plus ambitieux et plus massif aux énergies renouvelables ?
« Cette PPE3 a le mérite d’éviter un effondrement brutal du secteur en donnant un minimum de cap à court terme. Mais elle traduit aussi une perte d’ambition préoccupante, notamment sur le solaire. La France a besoin d’un cap clair, stable et cohérent pour réussir sa transition énergétique. Or, avec une clause de revoyure dès 2027 et des hypothèses industrielles encore incertaines, cette PPE ressemble davantage à un compromis politique visant à satisfaire, qu’à une véritable boussole énergétique », déclare Julien Hostache, président et cofondateur d’Enerfip.
Dans un contexte d’incertitude réglementaire, le financement participatif des énergies renouvelables constitue un levier de résilience pour la filière. En mobilisant l’épargne des citoyens, il permet d’accélérer la concrétisation de projets territoriaux et de maintenir une dynamique d’investissement, indépendamment des cycles politiques.
À propos de Enerfip
Enerfip, première plateforme française et européenne d’investissement responsable pour la transition énergétique, vise a? démocratiser le financement d’un modèle énergétique durable. Fondée en 2014 a? Montpellier par des experts en énergies renouvelables et finances, l’entreprise compte plus de 60 collaborateurs et des bureaux a? Montpellier, Madrid, Paris, Rome et Amsterdam. À ce jour, Enerfip a financé plus de 780 millions d’euros dans 600 projets pour la transition énergétique, en mobilisant l’épargne citoyenne pour relever ce grand défi d’avenir.
Source : Communiqué Enerfip
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