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nove.
02
2026
TotalEnergies Energy Outlook 2026

Afin de contribuer au débat public sur la transition énergétique, TotalEnergies publie la 8ème édition de son « TotalEnergies Energy Outlook », qui présente un état des lieux du système énergétique ainsi que des scénarios d'évolution de celui-ci à l'horizon 2060.

Un système énergétique mondial entre transition et résilience

L'accès à l'énergie conditionne le développement économique et humain, et plus de la moitié de la population mondiale n'a toujours pas accès à un niveau suffisant d'énergie pour accroitre son niveau de développement en matière d'éducation, de santé et de création de richesse.

Pour répondre à ce besoin d'énergie, toutes les sources d'énergie connaissent aujourd'hui encore une croissance de la demande : charbon, pétrole, gaz, électricité dont renouvelable particulièrement. Toutefois, le rythme de croissance des énergies fossiles et des émissions de gaz à effet de serre qui y sont associées ralentit, alors que la croissance économique mondiale se maintient à un rythme supérieur à 3%. C'est le signe d'un système énergétique qui a démarré sa transition, car pour un même niveau de richesse créé, il consomme moins d'énergie et émet moins de CO2.

L'évolution des flux d'investissement dans l'énergie témoigne de ce phénomène. Les investissements dans les énergies bas carbone, incluant les usages finaux avec l'électrification de la demande, ont quasiment doublé pour passer de $ 1 200 milliards en 2015 à $ 2 100 milliards en 2025. La Chine en est le principal acteur, qui accueille environ 60% des additions de panneaux solaires, 70% des éoliennes, et 60% de ventes de voitures électriques, et exporte largement ses technologies « vertes » dans le reste du monde. En conséquence, la part de l'électricité dans la demande d'énergie finale mondiale augmente de 1.3% par an depuis 2000, et cette électricité est de plus en plus décarbonée : en 2025, l'augmentation de la demande d'électricité a été entièrement satisfaite par des nouvelles sources bas-carbone.

La crise du détroit d'Ormuz en 2026, après la crise ukrainienne en 2022 teste la résilience du système énergétique et met en avant la sécurité d'approvisionnement, qui passe par la promotion des énergies locales (énergies renouvelables, biocarburants) et par la diversification des sources et le stockage des énergies fossiles compte tenu de leur poids dans le système énergétique actuel. Mais cette crise peut aussi servir d'accélérateur à la transition énergétique : on observe ainsi depuis le deuxième trimestre 2026 une accélération des ventes de voitures électriques, en Asie, en Amérique Latine et en Europe, de même que l'augmentation des exigences d'incorporation de biocarburants, même si le charbon, souvent produit domestiquement, reste essentiel pour les systèmes électriques asiatiques.

Trois scénarios à horizon 2060

TotalEnergies met à jour ses trois scénarios de futurs énergétiques, reposant chacun sur des hypothèses qui diffèrent dans le niveau d'ambition des Etats en matière de climat et de niveau de coopération entre eux, intégrant ainsi les enjeux du trilemme énergétique : sécurité d'approvisionnement, prix et décarbonation.

Le scénario Trends reflète la trajectoire actuelle des divers pays : il suppose que les orientations des politiques publiques, les développements technologiques et le comportement des clients se poursuivent dans le futur. Il prend en compte l'accélération récente de la pénétration des technologies bas carbone matures : solaire et éolien pour produire de l'électricité bas carbone, véhicules électriques et pompes à chaleur. Mais les contraintes d'infrastructure, en particulier les réseaux électriques, les tensions géopolitiques et les freins liés aux coûts de ces technologies limitent leur déploiement à grande échelle. Dans ce scénario, les pays de l'OCDE n'atteignent pas la neutralité carbone en 2050, tandis que la Chine s'en approche en 2060. La demande mondiale en produits pétroliers augmente et se stabilise au cours de la décennie 2030 avant d'entamer une lente décrue. La demande en gaz poursuit sa croissance, avant de se stabiliser dans les années 2040. Ce scénario conduit à une augmentation de la température estimée entre +2.6° et +2.8°C d'ici à 2100.

Le scénario Momentum est une approche prospective plus volontariste que les tendances actuelles qui suppose que les pays de l'OCDE s'approchent de la neutralité carbone en 2050, et la Chine en 2060. Il implique : (i) une électrification accrue de la demande finale (ii) le quasi-abandon du charbon dans les pays OCDE, une forte réduction de son usage en Chine et une légère croissance seulement de cette source d'énergie en Inde, (iii) l'utilisation du gaz naturel comme énergie de transition pour l'électricité et l'industrie dans tous les pays, et (iv) le déploiement des nouvelles énergies dans les secteurs non électrifiables (par exemple, hydrogène décarboné dans l'industrie, carburants durables dans l'aviation et la marine). Dans ce scénario, les énergies fossiles couvrent encore la moitié de la croissance de la demande en énergie en Inde et dans le reste du monde en raison de l'insuffisance des investissements bas-carbone. Ce scenario conduit à une augmentation de la température estimée entre +2.3° et +2.4°C d'ici à 2100.

Le scénario Rupture est un scénario normatif construit à partir du point d'arrivée en 2050 qui permettrait de contenir la hausse des températures à moins de 2°C conformément à l'Accord de Paris. La réalisation de ce scénario semble à l'heure actuelle hors de portée en l'état des rivalités géopolitiques car il supposerait une coopération multilatérale considérablement renforcée en faveur de la décarbonisation mondiale. Dans ce scénario, l'utilisation du charbon dans le secteur de l'électricité diminuerait beaucoup plus rapidement. La part du gaz naturel resterait globalement stable, tandis que l'électrification plus poussée entraînerait une forte augmentation de la production d'électricité à faible teneur en carbone. Ce scenario conduit à une augmentation de la température estimée entre +1,8° et +1.9°C d'ici à 2100.

La géopolitique au cœur des décisions énergétiques

Dans un contexte de tensions et rivalités géopolitiques accrues, les régions du monde suivent des trajectoires de plus en plus différenciées.

Les États-Unis ont non seulement atteint l'indépendance énergétique grâce au pétrole et gaz de schiste mais sont devenus exportateur net de gaz en 2017 et de produits pétroliers en 2020. Ils ont tiré parti de la production abondante d'un gaz domestique à un prix compétitif pour réduire leurs émissions de CO2 en remplaçant progressivement des centrales électriques à charbon par des centrales électriques à gaz. Dans les prochaines années, ils continueront à être le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, et à s'appuyer sur les énergies fossiles domestiques pour satisfaire leur demande, qui continueront à représenter environ 60% de l'énergie primaire en 2060, contre 80% aujourd'hui. Dans le même temps, ils compteront aussi parmi les grandes puissances électriques avec la croissance des data centers et de l'intelligence artificielle notamment.

La Chine devient une électro-puissance en poursuivant le développement de sa domination sur les technologies bas carbone au travers de son intégration sur toutes les chaines de valeur de celles-ci. Même si elle continue d'augmenter la capacité installée de centrales à charbon, la pénétration massive de sources d'électricité renouvelable, la construction d'un important parc de centrales nucléaires, et l'investissement en « flexibilisation » des centrales au charbon, lui permettent de réduire la part du charbon dans l'énergie primaire d'environ 60% en 2025 à environ 25% en 2060. La forte électrification du transport routier réduira la part des produits pétroliers d'environ 20% en 2025 à environ 10% en 2060.

L'Union européenne fait la course en tête dans la réduction des émissions en continuant à décarboner son mix électrique, mais fait face à des besoins d'investissements massifs sur les réseaux électriques et se heurte à la double nécessité de préserver la compétitivité de son industrie et surmonter les réticences générées dans sa population par les surcoûts liés à la décarbonation des usages de l'énergie. Les énergies fossiles représenteront encore environ 60% de l'énergie primaire en 2035. L'Europe doit ainsi équilibrer la sécurisation de ses approvisionnements énergétiques fossiles et la montée en puissance de l'électrification des usages notamment dans le transport et la génération de chaleur.

« Le système énergétique mondial continue à évoluer sur une ligne de crête, entre des enjeux de résilience et de souveraineté une nouvelle fois mis en exergue par la crise au Moyen-Orient et une transition qui se poursuit. Les évolutions observées depuis avec la crise du détroit d'Ormuz soulignent l'importance pour les Etats de favoriser les énergies domestiques qui passent par la production d'électricité notamment renouvelable, l'électrification de la demande et les biocarburants, tout en investissant dans la sécurisation du système énergétique fossile par la diversification des sources d'approvisionnement et des investissements dans des infrastructures de stockage et de transport. Certaines de ces tendances observées en 2026 confortent la trajectoire de transition entamée depuis l'Accord de Paris, mais ne laissent pas augurer d'une accélération suffisante pour atteindre l'objectif de contenir le réchauffement sous 2 degrés » a déclaré Aurélien Hamelle, directeur général Strategy & Sustainability. « Nous anticipons des trajectoires énergétiques de plus en plus différenciées par région : les pays producteurs d'énergie fossile continueront d'utiliser leurs ressources domestiques, pétrole et gaz pour les Etats Unis, charbon pour la Chine, l'Inde et les autres pays asiatiques. La Chine poursuit son électrification massive tout en tirant parti de son avance dans le déploiement et les exportations des technologies bas-carbone, tandis que l'Europe recherchera un équilibre entre préservation d'objectifs climatiques ambitieux, compétitivité de son industrie et financement des investissements nécessaires à la transition et à la sécurité énergétique. »

À propos de TotalEnergies

TotalEnergies est une compagnie multi-énergies intégrée mondiale de production et de fourniture d’énergies : pétrole et biocarburants, gaz naturel, biogaz et hydrogène bas carbone, renouvelables et électricité. Nos plus de 100 000 collaborateurs s'engagent pour fournir au plus grand nombre une énergie plus abordable, plus disponible et plus durable. Présente dans environ 120 pays, TotalEnergies inscrit le développement durable au cœur de sa stratégie, de ses projets et de ses opérations.


Source : Communiqué TotalEnergies

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