
La Commission de Régulation de l’Energie vient de confirmer une hausse de 6,6 % en moyenne du prix repère du gaz au 1er novembre. Selon nos estimations, cela représente +18 euros sur la facture annuelle d’un foyer qui utilise le gaz pour l’eau chaude et la cuisson, et +135 euros pour un foyer chauffé au gaz. Pour un foyer type de 4 personnes chauffées au gaz, avec une consommation moyenne de 10 000 kilowattheures, une facture de 1450 euros en janvier dernier pourrait atteindre 1948 euros en novembre. Le gaz continuant encore à monter, la prochaine hausse, au 1er décembre, pourrait atteindre les 5%. Environ 6 millions de ménages, dont le contrat est indexé sur le prix repère, sont concernés.
Heureusement, il existe des leviers pour limiter l'impact de ces augmentations sur la facture.
Le premier est de privilégier une offre à prix fixe auprès d’un fournisseur sérieux, qui gère réellement son risque de couverture. Les foyers en offre indexée subissent chaque hausse mensuelle de plein fouet.
Le deuxième est de décaler la mise en route du chauffage. Attendre le 1er novembre plutôt que le 15 octobre, date habituelle pour les chauffages collectifs, réduirait de 3 % la consommation nationale de gaz.
Le troisième est d’automatiser les gestes de sobriété. L’ADEME rappelle que l’isolation est la priorité, avant même le changement de chauffage. Ces gestes se répartissent en trois familles:
- Optimiser le chauffage : l’ADEME recommande 19 °C dans les pièces de vie occupées, 16 à 17 °C quand elles sont vides et 17 °C dans les chambres. Un thermostat programmable ou connecté peut ajuster la température selon les moments de la journée, et permettre de réduire sa consommation. Enfin, la révision annuelle de la chaudière est obligatoire : une chaudière mal entretenue consomme plus et peut être dangereuse.
- Réduire sa consommation d’eau chaude, en réglant son chauffe-eau par exemple.
- Limiter les déperditions thermiques : installer des bas de porte qui freinent les courants d’air ; fermer volets et rideaux la nuit ; vérifier l’étanchéité des fenêtres ; dégager les radiateurs et les purger régulièrement …
Et quand c’est possible, penser à changer de mode de chauffage pour passer à l’électrique, pompe à chaleur en tête. Pour un foyer chauffé au gaz ou au fioul, la pompe à chaleur divise à peu près par deux la facture de chauffage d’un logement. Pour les foyers modestes et très modestes, propriétaires d’une maison individuelle chauffée au gaz ou au fioul, Octopus Energy et Effy proposent depuis le 1er octobre 2026 une offre tout compris : installation de la pompe à chaleur, financement, maintenance et fourniture d’électricité.
- Quelles sont les raisons des augmentations successives du prix des énergies depuis janvier 2026 ?
Début 2026, le marché du gaz était calme : fin février, le TTF, la référence européenne, était à 31 €/MWh. Tout a basculé avec la guerre dans le Golfe. Le blocage du détroit d’Ormuz et les frappes sur des infrastructures gazières majeures ont fait bondir les prix. Le TTF atteint aujourd’hui environ 89 €/MWh pour les contrats de novembre, soit 2,6 fois plus.
Le prix repère suit ces marchés avec un décalage de quelques semaines, d’où une série de hausses successives. La dernière, +6,6 % au 1er novembre, reflète les prix de gros de septembre.
Deux facteurs aggravent par ailleurs la situation. Les stocks d’abord : ils sont remplis à 74,5% au niveau européen (-9% par rapport à l’année dernière), pour un objectif de 80 % avant l’hiver. Les coûts de réseau ensuite, qui progressent de façon structurelle : +5,87 % pour la distribution au 1er juillet.
Et tant que nous importerons l’essentiel de notre gaz, nous resterons exposés à ce type de choc.
- Basculer du gaz vers l'électricité, est-ce la solution ? Que préconise Octopus Energy France ?
Oui, l'électrification est la réponse de fond.
La pompe à chaleur en est l’un des outils clés. Elle restitue trois à quatre fois plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Avec une pompe à chaleur, le chauffage dépend beaucoup moins des marchés du gaz, sans passer par des privations.
Chaque année, la France achète près de 60 milliards d’euros de pétrole et de gaz. Électrifier le chauffage (et les transports) permettrait de réduire de deux tiers notre consommation de pétrole et de gaz importés.
Pour que ce soit rentable pour les ménages, nous demandons aux pouvoirs publics :
- De la stabilité : que l’électricité reste toujours moins chère que les énergies fossiles, taxes comprises, et que les aides soient fixées pour toute une législature.
- Des équipements pilotables, pour consommer quand l’électricité est abondante, sans perte de confort pour les client.e.s
- Un tarif d’acheminement rééquilibré entre l’hiver et l’été, pour ne pas pénaliser les foyers équipés de pompes à chaleur.
- La transparence : afficher le coût annuel réel d’un équipement avant l’achat, et sanctionner les mensonges sur les performances.
Propos recueillis par Jean-Guy Debord









